P. Ugo Zanetti

Qu’est-ce que le témoignage, sinon essayer de transmettre une expérience de vie à d’autres personnes? Et, en fin de compte, n’est-ce pas cela le fond même du message chrétien? Comme l’a fait saint Pierre au jour de la Pentecôte: «À coup sûr, donc, que toute la maison d’Israël sache que Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous avez crucifié» (Actes des apôtres, 2,36). C’est aussi le témoignage que donnent les Vies des saints (du moins celles qui sont de bonne qualité!): «Dieu a transformé ma vie, Il peut aussi transformer la vôtre, si seulement vous acceptez de marcher à Sa suite».

C’est la même expérience que nous retrouvons, sous un autre angle, dans les apophtegmes des Pères du désert. Leurs disciples, qui les ont connus et ont été formés par eux, nous rapportent les «paroles de vie» qu’ils avaient entendues d’eux, afin que nous aussi nous profitions de leur expérience et que nous en vivions.

C’est dans ce cadre que s’inscrit la Vie de saint Jean de Scété dont nous allons parler à présent[1].

Jean, higoumène de Scété au VIIe siècle

Disons d’abord qui était saint Jean de Scété. Né probablement entre 587 et 595 A.D. en Basse Égypte (Égypte du nord), Jean entra au monastère vers l’âge de dix-huit ans, suppose-t-on, donc dans les premières années du VIIe siècle. Il passa un certain temps aux Kellia, et à d’autres endroits à propos desquels nous n’avons que des informations allusives; sans doute Jean a-t-il, comme pas mal d’autres moines de son époque, suivi une progression vers l’austérité: on entrait souvent dans la vie monastique à Nitrie, où les jeunes étaient formés; lorsqu’on cherchait une vie plus austère, on passait aux Kellia, endroit nettement plus isolé que Nitrie; enfin les moines les plus épris de solitude prenaient résidence à Scété, là où vivaient les ascètes chevronnés. C’est probablement ce que fit Jean. À une date inconnue, on l’ordonna prêtre à Scété, ce qui était toujours le signe que ses confrères appréciaient hautement ses qualités spirituelles. En 631, il fut fait prisonnier par les Berbères (les bédouins du désert) et fut emmené en captivité; il passa ainsi pas mal d’années en esclavage (entre cinq et quinze ans, nous ne pouvons pas préciser davantage), mais il put finalement s’échapper et revenir à son monastère. Dès lors, il habita dans un ermitage, nommé «Pidjîdj», qui faisait partie du monastère de Saint-Macaire, et il devint finalement l’higoumène de Scété. Jean mourut à l’âge de 90 ans, après une courte maladie, un 30 du mois de khoiak (lendemain de Noël, donc 26 décembre), entre 677 et 685, sous le patriarcat de Jean III; il était tellement aimé que l’on s’arracha les lambeaux de son linceul funèbre pour en faire des reliques.

Spirituel apprécié, il a fait l’objet de plusieurs anecdotes édifiantes. Il ne nous a pas laissé d’écrit, mais sa Vie rapporte, entre autres, le dernier discours qu’il fit à ses disciples avant de mourir. On compte notamment parmi ses disciples plusieurs figures marquantes de l’Église copte du VIIe siècle: Épimaque d’Arbat, Abraham et Georges (les deux derniers grands saints de Scété), Ménas, qui fut évêque de Thmuis, Zacharie, le futur évêque de Sakha, auteur de plusieurs homélies et Vies de saints, et bien d’autres...

La Vie de Jean de Scété

La Vie de saint Jean de Scété se présente comme une homélie délivrée à la communauté des moines de Scété un 30 du mois de khoiak (26 décembre), jour anniversaire de sa mort. Elle est assez longue (35 pages imprimées) et ne brille pas toujours par sa clarté; nombre d’allusions supposent, pour être comprises, une certaine habitude des écrits des Pères du désert. L’aspect biographique y est primordial, certes, mais il sert aussi de prétexte à présenter une doctrine spirituelle vigoureuse, qui y est souvent proposée au moyen de petits récits comparables aux apophtegmes.

Cette Vie a été originellement rédigée en copte bohaïrique, mais nous n’en possédons qu’une version arabe, qui est manifestement fidèle. Elle se présente, on vient de le dire, comme une homélie prononcée le jour de la fête du saint en présence de ses fils spirituels; cette manière de faire est assez courante dans la littérature copte. L’orateur — sans doute lui-même moine à Scété et fils spirituel de Jean l’higoumène — n’y décline pas son identité; il nous dit avoir repris et complété un éloge, sous forme de lettre de condoléances, écrit quelque temps auparavant par le patriarche Jean III, qui était lui aussi un ancien disciple de Jean de Scété. Divers critères nous permettent de dire que ce texte a dû être composé pendant le patriarcat de Jean III, donc entre 677 et 686[2], et par conséquent très peu de temps après la mort du saint. C’est une raison de plus de se fier à son témoignage.

La composition révèle une culture certaine en matière religieuse: non seulement l’auteur cite la Bible avec une aisance qui montre à quel point elle lui était familière, mais il fait allusion à plusieurs épisodes tirés de textes monastiques et hagiographiques; en revanche, nous n’avons pas repéré d’allusion à la littérature canonique ou théologique. Du point de vue historique, cette Vie de Jean de Scété présente un fort caractère d’authenticité; certes, elle illustre abondamment l’influence d’Évagre (surtout le Traité pratique, parfois l’Antirrhétique, rarement d’autres œuvres), ainsi que celle des apophtegmes, mais elle ne présente guère de détail qui paraisse rapporté: tout correspond à la manière de vivre des moines coptes de cette époque. Sa culture religieuse même correspond à la leur. Sur ce point aussi, le récit apparaît comme particulièrement fiable.

Il y a encore d’autres détails fort intéressants, en particulier sur la vie liturgique des moines de Scété, qui confirment également la valeur de notre texte. Comme il n’est pas possible d’en faire état aujourd’hui, revenons plutôt au thème de notre colloque, c’est-à-dire «le témoignage» que nous livre la Vie de Jean de Scété.  

Le témoignage des disciples à propos de leur maître

Le premier témoignage à évoquer, c’est celui du disciple qui parle de son Père spirituel défunt, et qui rapporte aussi l’expérience de ses confrères. Ils ont connu Jean de Scété, ils ont beaucoup aimé leur maître. Comme le dit l’auteur à propos des funérailles du saint (§ 266-267)[3]:

«Grande fut la tristesse qui nous accabla ce jour-là, du fait que nous avions perdu un pareil Père; chacun pleurait et tous réclamaient leur Père: les anciens réclamaient celui qui les consolait dans leur vieillesse en leur rappelant la miséricorde du Christ et Son amour, les jeunes gens [= les novices] réclamaient celui qui les guidait vers la vertu, et les jeunes plants [= les jeunes moines] celui qui les guidait et leur enseignait l’humilité et la piété. En un mot, l’annonce de la mort du saint les attrista tous grandement, car il était pour eux un Père qui (les) consolait.»

Un autre passage particulièrement riche est celui de la dernière homélie que le saint adresse à ses disciples avant de mourir. Très longue (§ 217-247), elle couvre les principaux aspects de la vie monastique, en neuf thèmes:

  • (a) Restez fermes dans la foi droite; 
  • (b) Pratiquez la charité;
  • (c) Priez sans cesse;
  • (d) Aimez la solitude;
  • (e) Ne négligez pas la piété, et gardez en tout la mesure;
  • (f) Vivez dans la pureté;
  • (g) Imitez l’humilité du Seigneur;
  • (h) Soyez accueillants à l’égard de tous les frères;
  • (i) Gardez jusqu’aux moindres préceptes .

Ces conseils eux-mêmes sont enracinés dans la vie que Jean a vécue, prêchant d’exemple. Ainsi, à propos du point (h), l’accueil de tous les frères, il dit (§ 245-246):

«Vous savez, mes enfants, que je n’ai jamais fait souffrir un frère qui se trouvait dans ma cellule, ni ne l’ai mis dehors, alors même que je n’avais aucun besoin de lui: je n’ai jamais commis cette faute devant le Seigneur. Pour votre part, faites de même. Si vous êtes nombreux, habitez dans une seule cellule et n’attristez pas une âme égarée et persécutée, comme le font ceux qui rejettent les autres, qui ont des pensées terrestres et qui font acception des personnes.»

En rapportant ces paroles, les disciples témoignent qu’elles correspondent bien à la manière dont eux-mêmes ont vu vivre leur maître.

Mais c’est depuis les débuts de sa vie monastique que Jean était un modèle. Ainsi, alors qu’il était jeune moine, un jour, en allant communier, il passa par mégarde devant un autre jeune moine, un homme d’une très grande force; vexé, ce dernier étendit Jean par terre d’un coup de poing, en pleine église! La Vie ne dit pas comment les prêtres et les moines plus anciens ont réagi devant cet acte de violence, mais Jean lui-même, en tout cas, se releva aussitôt et fit une métanie à celui qui venait de le jeter à terre en demandant: «Pardonne-moi!». Le commentaire du disciple qui nous rapporte cet épisode est bien clair (§ 75-76):

«Et j’appris grâce à cet exemple que rien ne détruit la force du diable comme l’humilité, elle que le Verbe de Dieu a revêtue, ... lorsqu’Il est descendu vers nous pour dissiper toute la force du diable et qu’Il l’a dépouillé de tout, et Il nous l’a donnée en exemple afin que nous imitions à notre tour son humilité, et que nous anéantissions la puissance du diable, ainsi que nous l’a montré notre Père en cette affaire».

Homme profondément spirituel, Jean de Scété possédait visiblement une grande culture religieuse, comme on le voit aux nombreuses citations de l’Écriture sainte ou des auteurs spirituels que l’on trouve dans sa bouche. Sans doute a-t-il bien dû, lui aussi, posséder des livres pour parvenir à cette connaissance. Il rappelle pourtant à un frère que ces livres ne sont qu’un moyen, et que le vrai but de la vie monastique, et de toute vie chrétienne d’ailleurs, réside dans la connaissance de Dieu. Voici le passage (§ 90):

«Une fois, un frère lui dit: “Moi, j’aime (avoir) beaucoup de livres”. L’ancien lui dit: “Celui qui a mérité d’acquérir la connaissance de Dieu et le désir de Le contempler n’a pas besoin de beaucoup de livres.”».

En cela, Jean illustre une phrase d’Évagre, qui rappelle comment saint Antoine le Grand avait répondu à un philosophe qui lui demandait comment il pouvait tenir sans la consolation des livres: « Mon livre, ô philosophe, c’est la nature des êtres, et il est là quand je veux lire les paroles de Dieu»[4]. Il ne s’agit pas de critiquer les livres, mais il importe de ne pas en faire un dieu.

Enfin, la Vie de Jean de Scété contient un long développement sur l’ouverture de conscience à son Père spirituel. Ce récit couvre quatre chapitres (§ 108-172). En voici un résumé.

Jean avait un jeune disciple particulièrement exemplaire, qui vivait en ermite et pratiquait en tout l’ouverture du coeur à l’égard de son Père spirituel. À un moment donné, comme c’est inévitable dans tout chemin de vie spirituelle, ce jeune moine fut assailli par cette terrible tentation à laquelle on a donné le nom d’acédie, c’est-à-dire la tentation de désespérer de la miséricorde même de Dieu, et de se croire condamné quoi qu’on fasse, sans aucun espoir de salut — cela arriverait bien sûr inévitablement si nous ne devions compter que sur nos propres forces, et non sur l’Amour de Dieu. Comme l’a dit Évagre:

«Le démon a pour but de nous détourner de la prière, afin que nous cessions de nous tenir devant le Seigneur notre Dieu et que nous n’osions plus tendre les mains vers celui contre qui nous avons conçu de pareilles pensées» (SC 171, p. 605). 

La tentation, alors, c’est de tout laisser tomber et de rentrer dans le monde en se disant que, puisque la vie monastique ne peut nous conduire à rien et que de toute façon nous serons condamné dans l’au-delà, il faut au moins profiter de la vie terrestre avant qu’il ne soit trop tard, comme le disent deux apophtegmes:

«Un ancien a dit: “Un frère fut tenté par ses pensées durant neuf ans, au point de désespérer de son salut. Découragé, il se condamnait lui-même et disait: ‘J’ai perdu mon âme; je vais dans le monde puisque je suis perdu. ’Comme il s’en allait, une voix lui vint durant la route qui lui dit: ‘Les neuf années durant lesquelles tu as été tourmenté étaient tes couronnes, retourne à ta place et je te délivrerai de tes pensées. ’On voit qu’il n’est pas bon de désespérer à cause de ses pensées, car elles nous apportent plutôt des couronnes pourvu que nous les supportions bien.”» (N 210)

«Un ancien a dit que quelqu’un tomba un jour dans une faute grave. Rempli de componction, il partit pour l’avouer à un ancien, mais il ne lui dit pas ce qu’il avait fait, mais seulement: “Si une pensée de ce genre survient à quelqu’un, peut-il se sauver ?” Et cet ancien, qui était sans expérience du discernement, lui dit: “Il a perdu son âme.” Entendant cela, le frère dit: “Si je suis perdu, autant retourner dans le monde.” En s’en retournant, il eut le désir d’aller manifester ses pensées à l’abbé Sylvain. Or cet abbé Sylvain avait une très grande clairvoyance. Venant donc à lui, le frère ne lui dit pas ce qu’il avait fait, mais procéda de la même manière: “Si telles pensées surviennent à quelqu’un, peut-il être sauvé ?” Et le père, ouvrant sa bouche, entreprit de lui montrer, à partir des Écritures, que la condamnation ne concerne pas ceux qui ont ces pensées. Entendant cela, le frère reprit espoir et lui déclara aussi ce qu’il avait fait. Et le père, comme un bon médecin, pansa son âme à l’aide des Écritures divines, lui montrant qu’il y a pénitence possible pour ceux qui se convertissent sérieusement à Dieu. Plus tard, mon abbé se rendit chez le père, lui raconta tout cela et lui dit: “Voici que celui qui désespérait de lui-même et qui était sur le point de retourner au monde est devenu comme un astre au milieu des frères.” J’ai raconté cela pour que nous sachions quel danger il y a de manifester soit nos pensées, soit nos fautes, à ceux qui n’ont pas de discernement.» (N 217).

Mais revenons au jeune moine dont il est question dans la Vie de saint Jean de Scété. Pendant quelque temps, ce jeune moine essaie de résister seul au démon, car il a honte d’aller dire à son Père spirituel quels sont les sentiments qui l’accablent. Mais finalement il se décide à se rendre chez lui et à lui en parler. Quelle n’est pas alors sa surprise de voir que Jean le comprend immédiatement! La raison en est simple: Jean lui-même, lorsqu’il était jeune moine, était passé par là, et il savait ce que c’était. Son conseil est plein de sagesse (§ 124-129):

«Ne crains pas, mon fils, ne sois pas troublé et ne fuis pas face à cet esprit mauvais, car Dieu est miséricordieux, Il sait que ces pensées ne viennent pas de nous et que nos âmes ne les veulent pas, comme l’a dit un des Pères: “Il Zanetti: Témoignage dans la Vie de Jean de Scété 6 n’y a pas au monde de pareille folie!”[5] La volonté de cet esprit mauvais, c’est de faire régresser nos facultés, de peur que nous nous tenions debout et étendions nos mains devant notre Dieu, et c’est pourquoi il détruit notre espoir en Dieu. Quant à nous, en tout ce qu’il veut nous faire faire, que nos cœurs ne se complaisent pas en lui, de peur qu’il ne neutralise nos facultés, mais résistons-lui avec la force du Christ qui nous vient en aide. Quant à toi, mon fils, ne sois ni troublé, ni anxieux, ne te laisse pas aller au découragement, à la dissipation et au bavardage[6], mais fuis à l’intérieur de ta demeure et adonne-toi à la prière; supplie Dieu de toute la force de ton cœur et avec larmes, ne te livre pas au travail manuel continuellement et sans interruption, mais réfugie-toi en Dieu et sois patient, espérant la miséricorde du Seigneur, comme l’a dit le juste Job: “J’ai fui vers Dieu pour qu’Il me corrige”. Et moi, j’ai confiance que Dieu te délivrera ainsi de cette tentation.»

Et en effet le jeune moine (§ 130-132):

«fit comme l’ancien le lui avait dit; il s’adonna à la prière et à la supplication et ne se souciait de rien d’autre que de cela, ainsi que d’un peu de travail manuel; à tout moment, il courait se prosterner devant Dieu, le suppliant d’avoir pitié de lui et de le délivrer de cette tentation...»

... et après quelques jours il fut délivré de sa tentation. Il retourna chez Jean de Scété pour lui annoncer la bonne nouvelle, et c’est alors que Jean lui raconte comment, lorsqu’il était jeune, il avait lui aussi subi la même épreuve, et comment il en était sorti.

Et l’auteur de notre texte continue — et voici que nous retrouvons le thème du témoignage (§ 171-172):

«Nous vous avons raconté ces choses, mes bien-aimés, en considérant qu’elles sont originales et véridiques, afin de vous les faire connaître, pour qu’elles soient une consolation et une mise en garde pour les âmes angoissées qui sont attristées par ce genre de combat, afin qu’ayant entendu et compris, elles ne s’affligent pas et ne faiblissent pas, mais lui résistent avec force. En effet, s’il y a une chose que nous avons apprise de notre saint Père, c’est qu’il n’y a rien d’aussi destructeur pour cette pensée que les larmes et la supplication instante à Dieu, unies à la miséricorde et l’aide de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ.»

Quel meilleur témoignage l’auteur peut-il nous donner que celui de l’expérience personnelle de Jean de Scété lui-même, de son disciple... et manifestement de tous les moines car, comme on l’a dit ci-dessus, cet enseignement spirituel est commun. C’est Évagre qui a réussi à l’exprimer avec bonheur dans ses écrits spirituels, mais il reflète l’expérience de tous ceux qui sont passés par là. 

Quant à nous, il ne nous reste qu’à méditer cette expérience en lien avec la parole de l’Écriture: «C’est pour nous que ces choses ont été écrites» (1 Cor 9,10). Écoutons le témoignage de nos prédécesseurs et efforçons-nous de le mettre en pratique! 

P. Ugo Zanetti Monastère de Chevetogne


[1] Une édition provisoire de cette Vie existe : Ugo Zanetti, Vie de S. Jean, higoumène de Scété au VIIe siècle, dans Analecta Bollandiana, 114 (1996), p. 273-405. Nous en préparons l’édition définitive, à paraître dans la collection Subsidia Hagiographica.

[2] En particulier le fait que le nom du patriarche Jean III n’est pas accompagné d’un adjectif qui laisserait entendre qu’il est mort, comme son prédécesseur qui est qualifié de “ trois fois bienheureux”. En outre, la manière dont notre texte parle de l’invasion arabe (comme si elle avait amené un temps de paix) suggère également qu’il a dû être rédigé avant le début du VIIe siècle. En effet, à partir de 704 A.D. la situation des moines changea brusquement, et les moines eurent beaucoup de raisons de se plaindre.

[3] Nous avons divisé le texte en 281 petits paragraphes, qui permettent une citation commode et précise.

[4] Cf. Praktikon, § 92 (édition dans Sources chrétiennes, n° 171, p. 694-695). [= Évagre le Pontique. Traité pratique ou Le moine. Édition critique du texte grec (compte tenu des versions orientales), traduction, commentaire et tables par Antoine Guillaumont et Claire Guillaumont (= Sources chrétiennes, 171), Paris, Cerf, 1971] 

[5] Ce passage s’inspire directement du Praktikon, § 46 d’Évagre: « Car le Seigneur... sait que, même quand nous étions dans le monde, nous ne connûmes jamais pareille folie. Ce démon a pour but de nous détourner de la prière, que nous cessions de nous tenir devant le Seigneur notre Dieu et que nous n’osions plus tendre les mains vers celui contre qui nous avons conçu de pareilles pensées » (SC 171, p. 605). 

[6] Ces termes rappellent quelque peu le début de la « prière de saint Éphrem » dite en carême... 


The report was presented at the 10th Assumption Readings international theological conference in 2012 entitled «Witnessing: Traditions, Forms, and Names.»

 

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